Domaine & Musée royal de Mariemont 20-21/02/2026
En 1896, l’égyptologue français Émile Amélineau met au jour, près de la tombe du pharaon Djer à Abydos, une statue fragmentaire de faucon. Les éléments retrouvés permettent de reconstituer l’œuvre, à l’exception de la tête. Confronté à des difficultés financières, Amélineau met en vente aux enchères, après le partage des fouilles avec le Service des Antiquités de l’Égypte, les objets qui lui reviennent, parmi lesquels figure la statue. La vente se déroule en 1904 à l’Hôtel Drouot, où Raoul Warocqué en fait l’acquisition. Malgré plusieurs publications, de nombreuses zones d’ombre subsistent encore autour de cette pièce.
Amélineau signale lors de la découverte la présence de feuilles d’or sur le plumage ainsi que de traces de bleu. Ces vestiges sont-ils encore perceptibles aujourd’hui ? Les nuances rouges visibles sur le socle correspondent-elles réellement à une polychromie ancienne, ou s’agit-il plutôt d’un vernis moderne appliqué pour stabiliser l’objet ? Et si des traces de couleur sont avérées, comment les intégrer dans une médiation culturelle pertinente au sein d’un parcours muséal de référence ?
L’inscription gravée sur le socle se compose de deux volets. Le premier, dû à Ahmès, prêtre d’Osiris, dédie la statue au roi Amenhotep II. Le second, rédigé par Youyou, grand prêtre d’Osiris, affirme qu’il a restauré l’œuvre dans le « Château de l’Or » du temple avant de la consacrer à Mérenptah. Quelle portée matérielle et symbolique donner à cette restauration ? Si les interventions ordonnées par les pharaons sont bien documentées, qu’en est-il des restaurations entreprises par des particuliers ? La tête manquante ayant été remplacée dès 1904 par une copie en plâtre commandée par Warocqué, puis substituée dans les années 1970 par une version moins convaincante, l’état actuel de la pièce soulève la question d’une dérestauration et d’une nouvelle solution de présentation. Mais comment intervenir lorsque l’élément le plus signifiant est précisément celui qui fait défaut ? Toute tentative de restitution ne risque-t-elle pas de produire un faux ? Faut-il au contraire renoncer à toute reconstitution ?
Les recherches menées jusqu’ici montrent que cette statue, remarquable par ses dimensions, son histoire et sa restauration antique, constitue un cas singulier dans le corpus égyptien. Ces éléments plaident en faveur de son classement comme Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En un siècle, son statut a glissé d’objet archéologique et marchand à œuvre d’art, puis à Trésor. Comment cette évolution influe-t-elle sur notre regard ?
La matérialité de la pièce, replacée dans son contexte, offre des pistes de réponse à ces interrogations, parmi bien d’autres. Ce colloque, prenant la statue de faucon comme point focal, se veut un véritable cas d’étude : comment croiser les approches de différents spécialistes pour restituer la réalité holistique d’un objet archéologique ?
Programme
Vendredi 20/02/2026 – Du site au musée : archéologie et archives
Session 1
Chairman: Richard Veymiers
Session 2
Chairman: Arnaud Quertinmont
Session 3
Chairman : Jean Winand
Samedi 21/02/2026 – La statue de faucon comme objet muséal : étude, restauration et médiation
Session 4
Chairman: René Preys
Session 5
Chairman: Yann Tristant
Session 6
Informations
20 février 2026 au 21 février 2026
Réservation obligatoire
via : accueil@musee-mariemont.be
+32 (0)64 27 37 41
Tarifs
5€/jour, donnant accès aux conférences, aux pauses café et aux lunchs de midi.
Adresse
Auditoire Boël
Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique